Revue de Presse

En septembre est paru en France un livre témoignage « Etouffée – Récit d’un abus spirituel et sexuel » de Sophie Ducrey. Au travers de ce récit, Sophie Ducrey relate que, dans le cadre de l’accompagnement spirituel, elle a été victime d’abus de la part d’un frère de Saint-Jean, et le parcours douloureux qui a ensuite été le sien pour faire reconnaitre la culpabilité du frère, d’abord auprès de la justice ecclésiastique, puis civile. Un récit empreint de dignité et témoignant de la force du Sacrement du mariage, de son amour pour l’Eglise et de sa foi en Jésus Christ. Sophie Ducrey était oblate de Saint-Jean.

C’est un récit poignant qui nous plonge dans une époque pourtant proche, où se mêlent méconnaissance de ce que vivent les victimes, bonne volonté, grande maladresse, manque de courage et de détermination, chez nous et dans l’Eglise. L’histoire qu’elle décrit, nous la connaissons. Du point de vue de la justice civile, la plainte a été déclarée irrecevable pour cause de prescription, et au niveau ecclésiastique, elle a déjà été jugée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi comme rapporté dans le livre.


Nous avons eu l’occasion d’exprimer à Sophie Ducrey notre honte et lui avons demandé pardon au nom de la communauté. Il nous a semblé juste aussi de faire un geste financier à son égard, notamment pour participer aux frais de thérapie qu’elle a dû engager. Toutes les démarches en notre pouvoir ont été fait depuis 2013 pour que le frère concerné ne fasse plus partie de la Congrégation ; il n’est plus autorisé à porter l’habit depuis cette date. Actuellement, il relève directement de l’autorité de Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun. Celui-ci nous a informés qu’il n’a actuellement pas l’autorisation d’écouter les confessions ni de faire de l’accompagnement spirituel.

Ce récit souligne notamment l’importance que chacun soit sensibilisé à ce que vivent les victimes, pour que notre détermination à lutter contre toute forme d’abus soit en premier lieu ancrée dans la compréhension de leur souffrance et de ce qu’elles vivent. Nous encourageons à voir ce livre comme un moyen pour cette prise de conscience nécessaire. Tous nous pouvons un jour recevoir une confidence sur une situation d’abus, quel que soit l’environnement dans lequel celui-ci s’est produit. Nous lisons au travers de son récit l’importance de l’écoute, de l’attitude, de la parole prononcée. Et s’il s’agit d’un abus commis par un frère, bien entendu, l’importance d’orienter les personnes vers la Commission SOS abus de la Communauté, la commission de la Conférence des Evêques de France, ou directement vers la justice civile.

Suite au dernier Chapitre Général, il a été décidé de distinguer davantage le gouvernement de la communauté et le traitement des plaintes et témoignages par la Commission-Abus. Aussi, celle-ci sera désormais composée en majorité par des laïcs et uniquement de frères qui ne sont pas en responsabilité de gouvernement.
Son témoignage souligne également l’importance du travail de vérité que nous avons engagé sur notre fondateur, son enseignement et que nous poursuivrons lors de la deuxième session du Chapitre Général.

L’Eglise a besoin de notre Espérance, de notre élan missionnaire, dans ce contexte de fragilité. Donnons au monde de voir le Christ à l’oeuvre dans le travail de conversion engagée par notre communauté.